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  • cagolenomade

Voyager seule en Amérique Latine

Mis à jour : 9 déc. 2019


El Chalten - Patagonie (Argentine)

Salut les cagoles nomades, j’espère que vous allez bien. Je me permets aujourd’hui de vous faire un roman par rapport à une interrogation qu'on me pose souvent : « C’est pas chaud de voyager seule en Amérique latine? ».

J’aimerai donc vous faire part de certains conseils et conclusions et que j’ai pu tirer de mon expérience personnelle ( j’ai voyagé 1 an en Amérique latine en 2016/2017) :



1 - VOYAGER SEULE, C’EST NE JAMAIS ÊTRE SEULE

En effet, je compte les moments de solitude sur les doigts d’une main. Et vous savez le plus appréciable ? C’est que ces moments étaient choisis. Premièrement, une voyageuse en solo attire tous les autres voyageurs/ses en solo, puis s’infiltre plus facilement dans les groupes d’amis voyageurs, et enfin, peut mieux s’intégrer auprès des locaux. Voyager seule, c’est plus de possibilité de faire du couchsurfing et de se faire inviter à certains évènements auxquelles nous n’aurions jamais pu aller si nous étions deux.


2 - VOYAGER SEULE EN AMERIQUE LATINE N’EST PAS PLUS DANGEREUX QUE TRAVERSER LA RUE A PARIS POUR TROUVER UN JOB

L’Amérique Latine n’est pas un quartier où la situation sécuritaire est la même partout (Cela vaut pour l’Afrique aussi). Il y a des pays plus ou moins déconseillés pour TOUS et non pas que parce que vous êtes des femmes. Exemple : le Vénézuela en ce moment. Cependant, j’aimerai que l’on arrête de stigmatiser des régions du monde à cause de leur niveau économique en disant tout de suite que si nous voyageons dans tel ou tel pays c’est de l’inconscience ! La phrase typique qui rend la victime coupable : « Non mais tu te mets en danger en tant que fille toute seule ». Alors, désolé de vous décevoir, mais le danger est mobile depuis que les hommes ont des jambes. Il peut t’arriver le pire partout et constamment. Et puis un jour d’ailleurs tu vas mourir, au cas ou t’as oublié. Donc ce genre de réflexion, c’est poubelle direct. Il n’y a pas de statistiques qui prouvent quoi que ce soit. Juste une peur qui immobilise la plupart des gens qui tenteront a leur tour de t’immobiliser histoire de se rassurer d’être sur le bon chemin de conduite. Les locaux savent ce qu’ils se passent dans leurs pays, donc il faut savoir les écouter EUX - pas tonton jacquie qui t’a parlé de ce documentaire qu’il a vu dimanche sur son canapé en mangeant sa chocodanette. En ce qui concerne maintenant MON EXPERIENCE, je me suis toujours sentie en sécurité. Ce qui n’a toujours pas été le cas à Paris quand je rentrais chez moi le soir. En une année de voyage, j’ai juste failli une fois me faire voler avec une amie dans un taxi à La Paz. Aujourd’hui, on en rigole beaucoup. Puis, ca nous a bien formé pour faire plus attention par la suite. Mes autres galères de voyage qui ont suivis possédaient des causes plus diverses : météorologiques ( un tremblement de terre ) et animalières ( une petite morsure d’un chien de rue le soir du nouvel an au Chili _ bonne année 2017 ! Je n’étais pas vaccinée contre la rage, je ne suis pas allé à l’hôpital et je suis toujours debout - comme dirait Renaud. ) ALORS DETENDEZ-VOUS.


3. VOYAGER SEULE, EN TANT QUE FEMME OCCIDENTALE

Oui, les sociétés latines possèdent de grosses tendances machistes. Donc, quand on arrive avec ses idées féministes tout droit venues d’Europe, cela peut créer des étincelles. Quand je voyageais seule, on m’a souvent demandé si j’étais mariée. Ma réponse : oui bien sur, je vais justement rejoindre mon chéri *simulation d’une alliance au doigt*. En effet, c’est triste à dire mais ne pouvant pas changer la société mondiale avec nos petits bras, et arrivant dans un pays qui n’est pas le notre, il me semble plus juste de rentrer dans les règles du jeu. Une fois « mariée », on vous fichera plus la paix ! Le pays a beau être développé économiquement, le machisme lui reste présent, voir plus intense. Exemple au Chili : Dans un restaurant avec un ami chilien, je prend la liberté de l’inviter discrètement à la caisse. Il l’a très mal pris et m’a dit que je lui avait foutu la honte. Exemple en Argentine : Je venais d’arriver dans une ville et un ami voyageur était venu me chercher pour m’emmener à l’hostel à pied. Sur le chemin, on s’est fait arrêter par un groupe d’argentins qui nous ont demandé pourquoi je portais un sac alors que l’homme ne portait rien. J’ai répondu que c’était mon sac et que c’était normal que ce soit moi qui le porte. Ils ont explosé de rire. Ca leur paraissait inconcevable. BREF_ tout cela pour dire qu’il faut prendre cela en compte et savoir se positionner dans une juste mesure : ne pas tout tolérer, surtout si l’on vous manque de respect en prenant certaines libertés, mais aussi savoir s’adapter aux règles implicites et modes de vies. Apprendre un nouveau code culturel quoi !


4. COMMENCER « TRANQUILLEMENT »

Lors de mon année de voyage en Amérique Latine, j’ai commencé par voyager une semaine avec deux copines au Pérou, ce qui m’a permis de me mettre en jambes sans perdre tous mes repères d’un coup. Puis j’ai fait un workaway dans l’Amazonie en tant que traductrice de guide touristique pendant trois semaines. Je commençais donc à être seule mais toujours dans un cadre bien défini. Puis a la suite de cette expérience, qui fut d’ailleurs plus complexe que prévu, j’ai commencé à voyager seule en Bolivie. Au chili j’ai commencé à faire de l’auto-stop seule puis après je n’ai pas su m’arrêter. Un des secrets pour se lancer je pense est donc d’y aller crescendo pour prendre le temps de se mettre en confiance et de voir que nous en sommes capables.


5. GERER SON STRESS DE DEPART

Je suis la pire des meufs stressées avant de partir en voyage. Je ne ferme pas l’oeil de la nuit et même parfois je vomis ( true story ). Donc je sais pas si je serai de bon conseil pour cette partie mais en tout cas, je pense qu’il faut dédramatiser ce mélange émotif qu’on peut vivre la veille d’un départ tout en le considérant. J’ai également peur de l’avion ( oui oui c’est possible ) donc je pense que cela ne doit pas aider. Pour me canaliser, j’essais de m’occuper l’esprit autrement ou d’en parler autour de moi.


En tout cas, si j’ai bien appris quelque chose grâce à cette belle expérience, c’est que quand on affronte une peur, on se sent libérée. Cette année de voyage en Amérique latine a été l’une des plus belles de ma vie.

Le temps se trouve et l’argent ne doit pas être un frein car il y a des manières très économiques de voyager. Alors, allez-y, foncez !



Machu Picchu - Pérou


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